5e colloque international du CIST, 19-21 novembre 2020, campus Condorcet Paris-Aubervilliers

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Session A

Le temps de l’île. Les territoires insulaires au prisme des multiples temporalités

Co-porteur·e·s : Eva LELIÈVRE (Ined), Celio SIERRA-PAYCHA (Cridup) & Loïc TRABUT (Ined)

Cette session vise à susciter des contributions qui traitent du « temps de l’île », en prenant à contre-pied la représentation d’un « lieu […] hors du temps » (Bonnemaison, 1990: 119), plus précisément des travaux empiriques qui questionnent la place des territoires insulaires dans les multiples temporalités rythmant les échanges mondialisés entre les îles et les continents. Les échelles temporelles abordées peuvent être variées.

Une première échelle temporelle est celle du temps long qui conduit les habitants des îles basses à connaître des situations de vulnérabilité face à la montée du niveau des océans et l’intensification des risques cycloniques (Barnett & Campbell, 2010). Les propositions pourront aussi considérer l’île au prisme du temps socio-démographique (Rallu, 2010 ; Péron, 1988) : par leur petite taille et par leur forte spécialisation économique, les populations des territoires insulaires peuvent connaître des bifurcations démographiques brutales comme l’île de Ha-Shima devenue brusquement île fantôme suite à l’arrêt de l’exploitation du charbon.
Prendre en compte la place de l’île dans le temps biographique permettra à la fois de s’intéresser aux trajectoires résidentielles et aux parcours migratoires dans un contexte d’héliotropisme et de nissotropisme (Bernardie-Tahir, 2005) : migrations de retraite, retour des insulaires après une période de vie active sur le continent. La place de l’île dans les trajectoires résidentielles pourra aussi être questionnée en lien avec les problématiques d’inégale implantation territoriale des services publics, obligeant les insulaires à déménager pour se former, se soigner, travailler. Enfin, l’agencement entre l’île et les autres territoires pourra être envisagé à l’échelle temporelle saisonnière (circulations liées aux activités saisonnières, tourisme) ou quotidienne (navettes île–continent).


Les travaux ne se restreindront pas nécessairement aux îles maritimes et océaniques : dans une démarche comparative, des contributions concernant la temporalité spécifique des habitants des îles fluviales (Le Lay & Comby, 2012) et lacustres sont également bienvenues.

Références bibliographiques indicatives

Barnett J., Campbell J., 2010, Climate Change and Small Island States: Power, Knowledge and the South Pacific, Londres, Earthscan.
Bernardie-Tahir N., 2005, « Des “bouts du monde” à quelques heures : l’illusion de l’isolement dans les petites îles touristiques », Annales de géographie, n° 644, p. 362-382.
Bonnemaison J., 1990, « Vivre dans l’île. Une approche de l’iléité océanienne », L’Espace géographique, n° 2, p. 119-125.
Le Lay Y.-F., Comby E., 2012, « Habiter les îles fluviales. Géographie d’un eau-delà », Géographie et cultures, n° 84, p. 121-140.
Péron F., 1988, « Qu’est-ce qu’une population insulaire aujourd’hui ? Le cas d’Ouessant », Bulletin de l’Association des géographes français, 65(3), p. 241-255.
Rallu J.-L., 2010, « La démographie de l’Océanie des années 1950 aux années 2000. Synthèse des changements et bilan statistique », Population, 65(1), p. 9-115.

 

 

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